Union Sauvegarde Santerre

Article du Courrier Picard suite à la réunion de Guillaucourt le Jeudi 16 Avril 2015.

1 Comme les parcs éoliens, les collectifs contre les grands mâts se multiplient et leurs arguments s’étoffent. Ils comptent bien faire reculer les promoteurs.

Les projets éoliens sont comme les feuilles mortes, ils se ramassent à la pelle dans le Santerre. C’est cette prolifération qui inquiète les habitants et a vu naître plusieurs collectifs anti-éolien. Contre vents et marchés, qui organisait jeudi 16 avril une réunion publique à Guillaucourt, mais aussi le dernier-né de la bande, l’Association pour la sauvegarde du Santerre. Puisque l’union fait la force, ils étaient rejoints par d’autres associations picardes. Tous ont la même crainte, exprimée par Ludovic Kusnierak, président de Contre vents et marchés : « La logique purement économique et le développement anarchique des parcs éoliens, qui représentent une menace pour les paysages et la population. »

« Un grand cimetière »

Dans la salle, une soixantaine de personnes… et un huissier. Oui, un huissier, mandaté par un promoteur éolien. Le procédé a déjà été éprouvé lors du référendum de Bayonvillers. Discret, il est là pour vérifier qu’aucune attaque nominative ou diffamatoire n’est lancée en public. Ce ne sera pas le cas.

La réunion publique était néanmoins bien à charge contre les promoteurs éoliens. Les membres du collectif ont potassé le sujet et noté un certain nombre de griefs. Entre autres ? Une production d’électricité supérieure aux besoins de la population française, des éoliennes ultra-rentables, des habitants qui ne tirent aucun bénéfice mais des nuisances de leur présence, des versements aux communes qui peuvent diminuer en cas de revente du parc éolien, des promoteurs aux méthodes douteuses… La démonstration de Christophe Grizard, agriculteur qui reconnaît « avoir perdu quelques amis en se lançant dans ce combat », est particulièrement intéressante.

Méthodiquement, il démontre que les photomontages utilisés faussent la réalité grâce à l’utilisation d’un objectif super grand angle, qui écrase la perspective et éloigne les sujets photographiés. « Ce n’est pas un mensonge, c’est de la physique : les éoliennes paraissent deux fois plus petites sur leurs visuels », explique Christophe Grizard. Qui enchaîne sur une petite enquête tout aussi intrigante. En remontant la piste d’une association – dont l’étude affirme que l’éolien ne fait pas baisser la valeur des biens immobiliers – l’agriculteur a découvert que cette association était liée à une entreprise… qui développe des parcs éoliens.

« Ils ne reculent devant rien, notre seule façon de nous défendre c’est notre nombre », martèle Ludovic Kusnierak. Il est rejoint par des membres du public, inquiets de voir les paysages « ressembler à un grand cimetière avec toutes ces croix ». Jean-Marie Desachy, fervent opposant, s’époumone dans une diatribe fabuleuse : « Les éoliennes, c’est Bygmalion à la campagne ! » Quelques voix s’élèvent pour dire que la mobilisation, elle, n’est pas encore là. « Les gens ne bougeront que lorsqu’il sera trop tard », murmure un participant.

Pas question d’en arriver là pour le collectif. En attendant des actions fortes, ses membres invitent les habitants à se faire entendre : en participant aux enquêtes publiques, en distribuant des affiches, en passant le mot autour de soi, en interpellant les élus… « Si nous n’avions pas une chance, nous ne nous lancerions pas dedans », conclut Christophe Grizard.

M.B

2 Un dépôt de plainte et des méthodes de «lâches»

Le maire de Guillaucourt a donné son accord pour que l’association accroche banderoles et affiches dans la commune. Mais dans la nuit de mercredi à jeudi, des coups de bombe argenté sont venus recouvrir les affiches et une banderole a été dérobée. « Elle était sur une propriété privée, nous allons donc porter plainte pour dégradations de biens », affirme Ludovic Kusnierak. Qui invite les auteurs de ces actes « lâches » à se montrer et entamer une discussion franche.

Source : GUILLAUCOURT «C’est Bygmalion à la campagne!»